Lorsqu'on parle de post-rock, ou plutôt des origines du post-rock, il y a au moins deux groupes de Chicago qui doivent venir immédiatement à l'esprit, il y a Slint et il y a Tortoise. Mais la question n'est évidemment pas d'un intérêt capital, d'autant plus que cet album n'a pas grand chose en commun avec ce qu'on désigne aujourd'hui par ce terme, pas grand chose à voir avec ces lentes montées d'arpèges qui sont plus l'apanage des écossais Mogwaï que de Tortoise, même si ces derniers ont surement joué un rôle essentiel dans l'apparition du genre. Plus intéressante en revanche est la question des origines musicales de Tortoise, et plusieurs pistes sont d'ailleurs envisageables : la musique contemporaine de Steve Reich dont les cycles instrumentaux faussement répétitifs baladent leur spectre sur tout l'album, la musique électronique céleste de Tangerine Dream, le jazz évidemment. Mais la musique de Tortoise est unique, au confluent des genres, des influences et des époques.
Deuxième album de Tortoise, Millions Now Living will Never Die est sans doute un de leurs tous meilleurs ; ou en posant le problème différemment, s'il devait ne rester qu'un disque de leur discographie ce serait certainement celui-là. Il y a certes le très jazzy TNT, il y a aussi l'excellent petit dernier, Beacons of Ancestorship. Mais Millions Now Living, waou, c'est le meilleur, mec. Tiens, pour preuve, commence par fermer les yeux et écouter ça :
Tu te vois là, hein, suspendu dans l'infini de l'océan avec des bancs de poissons qui passent à travers toi, tu te vois regarder par en dessous le soleil qui fait briller la surface et toute cette mélancolie qui pèse sur tes épaules.
Et puis il y a « Djed » qui est un peu le méga tube de
Voilà pourquoi Millions Now Living will Never Die est une petite merveille. Au delà de son statut d'album culte, pilier d'un genre tout entier si l'on veut, c'est l'album majeur d'un groupe d'explorateurs musicaux toujours à la pointe de la création, toujours à l'avant-garde. C'est peut-être ça qu'on veut dire par post-rock au fond.






